La justice guinéenne a accordé, ce jeudi 5 mars 2026, une remise en liberté conditionnelle à l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, poursuivi devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. Cette décision a été prise pour des raisons médicales, alors que l’accusé était absent à l’audience.
L’affaire a été appelée dans l’après-midi devant la juridiction spécialisée. À l’ouverture des débats, le président de la formation de jugement, Daye Mara, a constaté l’absence du prévenu. Le ministère public a rappelé que cette situation s’était déjà produite à plusieurs reprises, indiquant que l’ancien chef du gouvernement aurait refusé d’être extrait de son lieu de détention en raison de son état de santé.
Pour éclairer la Cour, le magistrat a donné lecture d’un courrier transmis par la Direction nationale de l’administration pénitentiaire. Le document fait état de la gravité de la pathologie dont souffrirait l’ex-Premier ministre et souligne la nécessité d’une prise en charge médicale appropriée.
Au regard de ces éléments, le parquet a sollicité la mise en liberté du prévenu afin qu’il puisse bénéficier de soins adaptés. Toutefois, il a demandé que cette mesure soit assortie de conditions strictes, notamment la limitation de ses apparitions publiques, l’obligation d’informer la juridiction de tout déplacement et l’interdiction de toute déclaration à la presse.
La partie civile, représentée par l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État, ne s’est pas opposée à cette requête.
Après une suspension d’audience d’environ dix minutes, la Cour a accédé à la demande du parquet et ordonné la mise en liberté conditionnelle de Ibrahima Kassory Fofana. Le procès a été renvoyé au 26 mars prochain pour la poursuite des débats au fond.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien Premier ministre était placé en détention préventive depuis le 31 mai 2022.
Aissata SYLLA



