Le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation ont conclu, à l’issue de négociations marathon, un nouvel accord visant à apaiser durablement le climat social dans le secteur éducatif. Sous la médiation du président du Conseil national du dialogue social, avec l’accompagnement de l’Inspection générale du travail, les deux parties ont signé, à l’aube du samedi 3 janvier 2026, un protocole d’accord consensuel après plus de 16 heures de discussions intenses.
Cet accord, qui sera intégré à celui signé le 2 décembre dernier, marque une étape importante dans la gestion des revendications des syndicats de l’éducation. Il couvre plusieurs points majeurs, notamment la revalorisation des salaires, l’amélioration des indemnités de logement et de transport, ainsi que le règlement de dossiers administratifs longtemps en attente.
L’un des axes clés du protocole concerne la poursuite de la révision du statut particulier de l’enseignement pré-universitaire, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Une commission technique bipartite, réunissant représentants du gouvernement et de l’intersyndicale, a été instituée pour conduire ce chantier. Les travaux reprendront dès février 2026, avec un focus particulier sur les primes et indemnités spécifiques aux enseignants.
Sur le plan financier, des avancées significatives ont été enregistrées. La prime mensuelle de préparation passe de 100 000 à 500 000 francs guinéens (GNF), avec une application progressive à compter de février 2026. La prime de craie est également revalorisée dans les mêmes proportions, tandis que la prime annuelle de documentation est portée de 300 000 à 1 500 000 GNF.
Le protocole prévoit en outre la poursuite du déblocage des salaires des enseignants, notamment ceux relatifs aux mois de juillet et août 2025, ainsi que le paiement intégral des primes antérieurement réduites. Une commission bipartite devra examiner, avant la fin du mois de janvier 2026, les dossiers des enseignants dont les salaires sont bloqués depuis décembre 2023, en vue d’une régularisation des cas jugés recevables.
En matière de carrière, le gouvernement s’est engagé à prendre en charge, dès janvier 2026, les arrêtés de reclassement des enseignants recyclés admis aux examens professionnels de la session 2017, tout en maintenant l’organisation régulière de ces examens à l’avenir.
Autre mesure phare : la revalorisation des indemnités de logement et de transport, désormais fixées respectivement à 250 000 et 200 000 GNF. Leur paiement sera échelonné entre mai et septembre 2026.
Le principe de l’octroi de primes de fonction aux cadres de l’éducation a également été accepté, sous réserve d’un examen préalable des actes de nomination par une commission dédiée, dont la mise en place est annoncée pour fin février 2026.
La question des enseignants contractuels non retenus, ainsi que celle des contractuels de la zone spéciale de Conakry, a également été abordée. Une commission tripartite sera chargée d’examiner les listes des contractuels ayant participé aux évaluations pratiques. Les candidats ayant obtenu la moyenne seront prioritaires lors des prochains recrutements. Pour les contractuels de Conakry, les parties encouragent une préparation active aux futurs concours, avec une priorité d’enregistrement annoncée.
Au terme des échanges, les deux camps ont salué l’esprit de responsabilité ayant prévalu durant les négociations. La signature de ce protocole suspend temporairement les discussions sur les autres points du mémorandum, en attendant l’adoption définitive du statut particulier révisé.
En se félicitant de cet accord, qui éloigne la menace d’une paralysie du système éducatif, le président du Conseil national du dialogue social a réaffirmé sa détermination à veiller à l’application effective des engagements pris. Les discussions sur le statut particulier devraient reprendre dès février 2026, ouvrant la voie à une stabilisation durable du secteur de l’éducation.
Aïssata SYLLA





