Depuis plusieurs années, les entrepreneurs agricoles de la Basse-Guinée font face à des incendies récurrents qui déciment leurs exploitations, en particulier dans la préfecture de Kindia. Un nouvel incident est venu alourdir ce bilan déjà préoccupant, ce samedi 3 janvier 2026.
À Kindia, une plantation d’ananas d’environ un hectare appartenant à l’entrepreneur agricole Boubacar Barry a été presque entièrement détruite par les flammes. Selon les premières informations recueillies, l’incendie serait d’origine criminelle. Joint par notre rédaction ce dimanche 4 janvier 2026, le producteur est revenu sur les faits, exprimant son désarroi face à la répétition de ces sinistres.
« Hier, j’ai encore perdu un champ d’un hectare d’ananas. Il y avait plus de 25 000 pieds. Il y a à peine trois semaines, j’avais déjà perdu un autre hectare avec entre 30 000 et 35 000 pieds », témoigne Boubacar Barry.
L’entrepreneur précise que les deux parcelles touchées ne sont pas voisines. Elles avaient été acquises dans le but de mieux sécuriser ses investissements. Malgré la mise en place de pare-feux et l’entretien régulier des plantations, près de 90 % de la dernière parcelle a été ravagée. « Cette fois-ci, le feu a été allumé directement dans le champ. Il a été soigneusement circonscrit au périmètre de la plantation avant de tout consumer », affirme-t-il.
Selon son récit, l’alerte a été donnée en fin d’après-midi alors qu’il se trouvait à son domicile. À son arrivée sur les lieux, les riverains tentaient déjà d’éteindre les dernières flammes. Les auteurs présumés de l’acte n’ont, pour l’heure, pas été identifiés.
Ce drame s’inscrit dans une série d’incendies subis par l’exploitant au cours des quatre dernières années. « Chaque saison sèche, je suis victime d’incendies. Par le passé, il s’agissait souvent de feux provenant de l’extérieur, que nous parvenions parfois à contenir grâce aux pare-feux. Mais les deux derniers incendies sont clairement criminels », déplore-t-il.
Face à cette situation, Boubacar Barry lance un appel à ses collègues agriculteurs, les exhortant à renforcer la sécurisation de leurs exploitations malgré les difficultés. Il interpelle également les autorités, notamment le président de la République, pour la mise en place de solutions durables. « Nous avons besoin de zones agricoles aménagées, protégées et irriguées. Il est essentiel de séparer clairement les zones d’habitation, d’élevage et d’agriculture afin de réduire ces risques », plaide-t-il.
Aïssata SYLLA



